Debout La République

« Paris plage 2010 », inquiétante avant-première de « Paris Berges 2012 » ?

jeudi 22 juillet 2010 à 15h16

La 9ème édition de l’opération Paris Plages se déroule du mardi 20 juillet au vendredi 20 août 2010. Organisée et financée par la Ville de Paris (1,3 millions d’euros), des partenaires privés (1 millions d’euros) et des associations diverses, elle devrait accueillir environ 4 millions de visiteurs en quête de sable et d’activités culturelles, sportives et éducatives.

Se parant de la réutilisation du matériel et du sable mobilisés, elle sensibilisera également le public au développement durable (incitation au tri sélectif, modes de déplacement doux, …) - sans pour autant insister sur l’empreinte carbone de ses 150 camions de matériels, 220 m² de baignade, brumisateurs, palmiers, arbres et voiliers. Bref, une envie de fraîcheur satisfaite par la logistique à l’œuvre au milieu du béton.

Comme les années précédentes, Paris Plages occupe 2,8 km des berges de Seine, sur la voie Georges Pompidou (IV°), au niveau de l’Hôtel de Ville, et 1,5 km le long du bassin de la Villette (XIX°). La pelouse de Reuilly est également sollicitée dans une moindre mesure.

EMBOUTEILLAGES

Conséquence directe : chaque jour, aux heures de pointe, les 4 000 véhicules empruntant habituellement la voie Georges Pompidou (sens Ouest- Est) doivent recourir à des itinéraires bis, et rallonger d’autant leurs trajets en plein soleil.

Vu les embouteillages monstres provoqués et la pollution folle qui va en découler, on comprend mieux que le Maire de Paris souhaite faire passer Paris Plages pour un apôtre du développement durable… Le cynisme à l’œuvre.

De plus, de temporaire, une telle situation pourrait devenir permanente. En effet, la Ville de Paris envisage un réaménagement des voies sur berges qui devrait être réalisé pour l’été 2012. Celui-ci consisterait à réserver une partie des quais aux piétons, aux modes de transports « doux » (vélo, rollers, ...) et autres équipements destinés à la culture ou au sport - dont un tronçon d’au moins 2 kilomètres sur la rive gauche (de Solférino à Alma, sens Est-Ouest, 2000 véhicules en heure de pointe). Sur la rive droite, la circulation ne serait pas interdite, mais la largeur des voies serait revue afin d’offrir un espace de promenade aux piétons.

A l’aune de l’expérience Paris Plages, et sans condamner le projet encore balbutiant de la Ville de Paris, Debout la République s’inquiète fortement de l’impact d’un tel projet sur les conditions de circulation dans la capitale et appelle tous les acteurs à la concertation et au bon sens.

PARISIENS ET FRANCILIENS

Car dans l’hypothèse d’une fréquentation similaire à celle de Paris Plages pour les infrastructures de ce projet, ces dernières profiteraient à 70% aux parisiens, à 25% aux franciliens et à 5% aux étrangers. Elles bénéficieraient donc essentiellement aux parisiens alors que l’ensemble des franciliens connaîtrait des conditions de transports toujours plus difficiles, et notamment les plus laborieux. L’écart entre les conditions de vie des deux populations en sortirait lourdement aggravé.

Après le péage urbain proposé de concert avec l’UMP, les berges non praticables ! Mais jusqu’au Bertrand Delanoë est-il près à aller pour satisfaire ses clientèles bourgeoises et conformistes ? Ne sent-il pas la grogne monter tout autour de la capitale ? Ne comprend pas-t-il pas que creuser les inégalités et ghettoïser un peu plus les petites et grandes couronnes est tout aussi électoralement efficace que moralement injuste, et donc politiquement condamnable ?

Pierre Luc KOLCZYNSKI

Délégué Départemental Jeune 75