
Vendredi 9 Juillet 2010
Jean-François Kahn
Je suis sidéré.
Quand, depuis la chute du système stalinien, avait-on assisté, de la part du pouvoir établi, à un tel déferlement de violences verbales dirigées contre l’investigation journaliste en général et les medias dissidents en particulier. Quand depuis l’époque où les procureurs moscovites traitaient ceux qui osaient dénoncer leurs dérives de « vipères lubriques » ou de « rats visqueux » a-t-on osé qualifier des organes de presses de « fascistes », de « collabos » d’hitléro-troskistes » de « crapuleux », « d’immondes », parce qu’ils avaient osé des témoignages dérangeants pour les autorités en place. Hystérie.
En Italie, pour moins que cela, parce qu’une loi berlusconienne veut interdire aux médias d’utiliser des extraits d’enregistrements non officiels, tous les professionnels de l’information sans exception, ceux de gauche, de droite, du centre, ont fait unanimement grève. Silence radio, silence télé.
Hors, en France à l’exception d’un communiqué bien senti de Reporters sans frontières, où sont les réactions unanimes des syndicats de journalistes (et d’ailleurs des syndicats tout cours) , des fédérations professionnelles des patrons de presse, des organismes représentants, toutes les formes de média. N’est-ce pas la profession tout entière, calomniée, insultée, et pire criminalisée, qui devrait exiger des excuses publiques, prendre l’initiative de boycotter les insulteurs, de porter collectivement plainte aux cotées de Médiapart ?
Il y eu quelques saines réactions : Maurice Szafran, Laurent Joffrin entre autres.
Mais pourquoi cette pusillanimité masochiste de tant d’autres ? Se rendent-ils compte qu’il y va tout simplement de leur honneur ?
À vous internautes de les réveiller.
Dans leur intérêt.
La suite sur le blog de Jean-Francois Kahn.