Debout La République

Revue de presse du Congrès fondateur de Debout la République

dimanche 23 novembre 2008 à 18h30



Extrait de l’éditorial de la lettre d’information électronique de Riposte Laïque du 25 novembre

Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy, qui doit bien rire du spectacle offert par les dirigeants du principal parti de gauche, fait ce qu’il veut de l’UMP, qu’il prépare à mener la bataille des européennes. S’il est un domaine où il faut vraiment beaucoup d’imagination pour faire la différence entre l’UMP et le PS, c’est bien sur la question européenne. On se souvient que, déjugeant les promesses de sa candidate, qui avait promis un référendum lors de l’élection présidentielle, le Parti socialiste a soutenu la ratification du traité de Lisbonne voulue par le nouveau président, en février, trahissant le vote du peuple, le 29 mai 2005. Quant à la laïcité positive, on attend avec amusement les futures protestations de Martine Aubry, avec le brillant palmarès qui est le sien, à Lille. Sur la discrimination positive, que tout le monde veut mettre en avant depuis l’élection d’Obama, on a vu sans étonnement des hauts responsables socialistes et des hauts responsables de l’UMP appuyer un texte délirant paru dans « Le Journal du Dimanche ».

L’UMPS, en ne voulant rien changer à cette Europe dirigée par des commissaires non élus, par la Banque Centrale, et par des hommes comme Barroso ou Juncker qui sont des adeptes du libre-échange total, montrent qu’ils n’ont aucune intention de redonner à notre pays la possibilité de retrouver sa souveraineté populaire, son indépendance et donc les moyens d’agir pour sortir de la crise, pour construire une autre société. Alors, tout est-il fichu ?

Fort heureusement, non. Partisans du rassemblement des républicains des deux rives, hostiles depuis toujours à l’Europe de Bruxelles, nous enregistrons, à gauche comme à droite, deux très bonnes nouvelles. Deux des meilleurs orateurs de la campagne du non, en 2005, Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan, ont décidé, chacun de leur côté, de créer un nouveau parti. [...]

Ce dimanche, à la Mutualité, Nicolas Dupont-Aignan transformait son mouvement en parti politique. « Debout la République » a donc vu le jour, devant un millier de personnes. De jeunes citoyens engagés, de plus vieux qui se sont décidés, pour la première fois, à entrer dans un parti, y côtoyaient, tous pleins d’espoir, d’anciens militants de chez Villiers, déçus par le silence du vicomte lors de la signature du traité de Lisbonne, d’anciens chevènementistes qui n’acceptent pas que leur leader continue à se vendre au PS pour un plat de lentilles, et des déçus de l’UMPS qui espèrent que le maire de Yerres redonnera un élan aux valeurs républicaines, gaullistes, nationales et sociales. Nicolas Dupont-Aignan a annoncé qu’il essaierait d’éviter deux écueils : le discours « euro-béât de l’UMPS, et celui des « euro-ronchons », où dut se reconnaître Philippe de Villiers. En présentant le véritable « Plan B », il a appelé à en finir avec tous les anciens traités européens, seule solution pour que la France, sixième puissance mondiale, retrouve sa puissance et sa capacité d’agir contre la pauvreté qui se développe avec une puissance exponentielle en France.

Notre collaboratrice Christine Tasin, invitée à prendre la parole pendant ce congrès, a été très applaudie par le public quand elle a dénoncé le viol de la démocratie que constitue la ratification par l’UMPS du traité de Lisbonne, et le mépris du vote des Irlandais par le président de la République français, qui les a invités à revoter pour dire oui ! Elle a conclu son intervention en expliquant la nécessité de la laïcité, pour faire vivre la liberté, l’égalité et la fraternité. [...]



Retrouvez NDA dans l’émission "Parlement hebdo", diffusé sur Public Sénat depuis le 22 novembre

http://www.publicsenat.fr/vodiFrame.php ?idE=60171



Encore plus fort que Sarkozy : le PS dissout l’actu

Baisse du taux du Livret A, création d’un nouveau parti à droite, suicides dans les prisons… Suspendus au vote des militants socialiste pour le nouveau Premier secrétaire, la plupart des médias ont peu, ou pas, traité les événements de ce week-end. Résumé (non exhaustif) des infos éclipsées. [...]

Debout la République : un parti d’opposition à Sarkozy… à droite ! Entre déchirements socialistes et silence gouvernemental, Nicolas Dupont-Aignan, député dissident, démissionnaire de l’UMP a créé ce week-end son parti, Debout la République, à l’occasion d’un congrès réunissant chevènementistes, villepinistes et autres gaullistes et républicains des deux côtés de l’échiquier politique. Avec pour objectif déclaré les élections européennes de 2009, le député-maire de Yerres souhaite s’engouffrer dans le débat, jamais clos, sur le référendum sur le Traité constitutionnel européen de 2005 sur lequel continuent d’achopper, selon ses propres termes « la gauche bobo et la droite libérale » qu’il espère bien renvoyer dos à dos. [...]

Lundi 24 Novembre 2008 Sylvain Lapoix

http://www.marianne2.fr/Encore-plus-fort-que-Sarkozy-le-PS-dissout-l-actu_a93716.html



Actus humanite.fr 24-11-2008 A droite aussi, des déchirements

Congrès fondateur dimanche de Debout la République (DLR), un parti lancé par Nicolas Dupont-Aignan. Avec l’ambition de jouer les trouble-fête à droite au moment des européennes. Une analyse exclusive pour humanite.fr.

A l’origine club de pensée du RPR, crée en 1999 par des élus opposés au traité d’Amsterdam, ce « mouvement associé à l’UMP » depuis 2002 est devenu officiellement dimanche un parti politique à part entière. La rupture est donc consommée pour N. Dupont-Aignan, ex-député UMP qui siège aujourd’hui sur les bancs des non-inscrits à l’Assemblée nationale. A 47 ans, l’élu de l’Essonne a affiché ses ambitions, tournées vers les élections européennes de juin mais également les régionales de 2010 ainsi que la prochaine élection présidentielle. L’objectif affiché est d’ancrer ce nouveau parti dans la durée au sein du paysage politique français. Tout l’enjeu du congrès était donc de rendre l’évènement visible et de compter ses forces.

« Une dynamique est enclenchée »

Dans les coulisses, on se félicite de l’affluence et on affiche sa satisfaction. Les organisateurs avaient peur de ne pas remplir la petite salle de la Mutualité mais plus de 1000 personnes ont fait le déplacement. Elisabeth Laithier, adjointe au Maire de Nancy et vice présidente de Debout La République, se dit « très très heureuse, parce que c’est vraiment une réussite » et insiste sur l’évènement : « c’est vraiment un tournant dans la vie de notre mouvement ». La formation, qui revendiquait plus de 5000 adhérents en 2007, se présente aujourd’hui fort de 10 000 adhérents estimés pour la fin de l’année 2008. N. Dupont-Aignan en profite pour affirmer aux journalistes « qu’une dynamique est enclenchée ».

A la tribune, de courtes interventions s’enchaînent pour souligner la diversité et l’attractivité du nouveau parti. Les ex-élus RPR passés à DLR se succèdent, un transfuge du MPF ainsi qu’une militante du MDC s’exprimeront également et tout au long de la journée, on laissera entendre que les ralliements sont nombreux. Le milieu de l’entreprise, en particulier des PME, est également bien représenté et quelques jeunes sont mis en avant. L’ensemble des orateurs reflète assez fidèlement l’assistance dans laquelle, si la mixité des genres est visible, cols blancs et cheveux gris sont largement majoritaires même si des jeunes sont présents. En revanche les français issus des classes populaires et de l’immigration ne semblaient pas au fait du rassemblent de la Mutualité ce dimanche.

Du côté des discours, le nom de N. Dupont-Aignan revient très régulièrement et DLR semble bien s’inscrire en cela dans la tradition politique des partis de droite au travers d’une formation aux structures très hiérarchisées et n’existant qu’autour de son leader. Décisions et programmes viennent d’en haut. Un autre leitmotiv de la journée tient dans la mise en avant du « courage politique » du député de l’Essonne et de son refus des compromis. Propos qui feront écho aux harangues de l’intéressé défendant la cohérence des dires et des faits contre le « régime du double langage » pratiqué par le PS et l’UMP. NDA, comme on l’appelle ici, cherche à imposer son style dans le paysage politique en prônant la rupture sur un mode moral pour se présenter en chevalier blanc de la probité politique.

Pour clore la rencontre, c’est dans un discours fleuve d’une heure et demie que le président du nouveau parti va décliner ses axes : critique de la gestion de la crise et des milliards dévolus aux banques sans contrôle réel, défense des petits entrepreneurs, valorisation de l’école du mérite et de l’effort ou encore laïcité et indépendance en matière de politique étrangère et de défense seront autant de thèmes abordés. Les passages les plus appréciés par la salle restent sans doute l’éloge de « l’économie de marché bien appliquée, seule capable d’assurer le développement de l’humanité » qui recevra des applaudissements nourris ; tout autant sans doute que les critiques visant l’Union Européenne pour dénoncer son manque de démocratie et de transparence.

Le levier des européennes

L’enjeu européen constitue en effet un élément phare pour la nouvelle formation tant sur le plan idéologique que stratégique. DLR fait de l’opposition à l’Europe son credo et des élections de juin, où le parti compte présenter des listes indépendantes dans les huit circonscriptions, son premier test politique.

La posture affichée se veut positive : Debout la république ne s’oppose pas à l’Europe mais défend une autre conception de la construction européenne et si la référence au refus de la supranationalité par De Gaulle est présente, le terme de souverainisme ne sera prononcé par aucun intervenant. On veut rester ouvert à un électorat le plus large possible. Car l’Europe est un enjeu essentiel pour N. Dupont-Aignan qui s’est positionné sur le credo en s’opposant notamment au TCE en 2005 et surtout en faisant campagne pour un référendum contre le Traité de Lisbonne. Le leader en fait explicitement le levier de la réussite (ou non) du nouveau parti et le président de DLR n’a pas lésiné pour galvaniser ses troupes lors de la session matinale, réservée aux adhérents, en les appelant à la mobilisation pour ces élections. Une souscription a été lancée pour assurer ces ambitions électorales et 200 000€ ont déjà été récoltés mais l’objectif pour permettre de mener campagne est fixé à 1 million.

N. Dupont-Aignan veut y croire. « Nous serons la surprise des européennes ! » lance t-il dans son allocution, avant de décrire son « fameux plan B » pour l’Europe au travers de coopérations à la carte, d’un protectionnisme européen et de changements institutionnels majeurs. Les thèmes de la campagne, qui sera lancée en février, sont dévoilés. Il faudra aussi rompre les négociations avec la Turquie pour proposer un partenariat et sortir de l’OTAN selon le leader gaulliste qui affirmera finalement que « neuf dixièmes des compétences peuvent retourner aux Nations ».

Villiers en adversaire

Mais la tâche s’annonce difficile pour la nouvelle formation car les européennes, offrant de réelles possibilités de visibilité et surtout de sièges et de fonds pour les petits partis sont objet de convoitise. On s’inquiète ainsi dans les couloirs du retour en forme du MPF qui semblait en grande difficulté financière depuis la présidentielle. « Villiers a retrouvé un millionnaire » lâche un cadre en faisant allusion à l’irlandais Declan Ganley. Le président du conseil général de Vendée redevient dès lors un adversaire de poids pour N. Dupont-Aignan, avec son savoir faire politique et son meilleur ancrage médiatique.

A la question des alliances possibles, l’option MPF a donc été rayée. DLR, qui a déjà refusé un appel du pied de Villiers pour faire listes communes aux européennes, choisit de jouer la carte de l’indépendance. Avec l’annonce récente de listes dissidentes au Front National, la droite française s’annonce donc morcelée pour les échéances européennes et les souverainistes semblent s’avancer en ordre dispersé. C’est ailleurs que DLR semble pouvoir chercher des rapprochements. Ainsi lorsque l’on aborde l’éventualité d’une alliance avec les chevènementistes, le discours se fait beaucoup plus prudent : Jean-Pierre Chevènement serait le bienvenu déclare N. Dupont-Aignan, et d’ajouter : « je ne sais pas ce qu’il pense, mais je sais qu’il y a beaucoup de ses troupes qui seront avec nous ». C’est sans doute l’alliance la plus envisageable pour la jeune formation en effet.

Une fenêtre de tir étroite

Car si le nouveau parti veut survivre, l’espace politique dans lequel il cherche à s’inscrire est réduit. « Le difficile n’est pas de sortir de Polytechnique, mais de sortir de l’ordinaire » rappelle fort à propos Christine Anoot, maire adjointe de Lisieux, en citant de Gaulle à la tribune. En effet, c’est là tout le problème de DLR. Plusieurs difficultés devront être surmontées par la formation, qui s’affiche clairement gaulliste et républicaine, pour réussir à s’imposer là où d’autres ont déjà échoués. Outre la forte concurrence tout d’abord, qui s’annonce aux élections de 2009, on sait que le scrutin européen est soumis à des logiques de vote particulières. Autrement dit, les petites formations sont souvent peu assurées de pouvoir capitaliser lors des échéances nationales, les votes qui leur ont été favorables aux européennes.

En outre, l’enjeu pour DLR consiste à être capable de se faire une place entre le MPF et l’UMP et il est certain que la formation du chef de l’Etat ne fera pas de cadeau au petit nouveau. N. Dupont-Aignan s’est déjà opposé à N. Sarkozy lors des élections internes de l’UMP en 2004 et un responsable confie que ce dernier aurait promis, pour le leader de DLR, un avenir de vendeur de chaussures dans une grande surface. Du côté de Debout la République, on se rappelle avec amertume la stratégie d’étouffement lors de la présidentielle de 2007 : les pressions de l’UMP sur ses élus auraient empêché N. Dupon-Aignan d’atteindre les 500 signatures permettant de se présenter.

Il s’agit donc pour DLR de rassembler en premier lieu l’électorat gaulliste de la droite modérée (trop éloigné de certaines de ses positions radicalement conservatrices pour voter pour De Villiers). Jean-Pierre Antoni secrétaire général de DLR à 74 ans et ex-secrétaire départemental RPR résume la vision politique de beaucoup de membres de la nouvelle formation en décrivant la décadence de l’UMP : « conglomérat voulant réunir l’eau et le feu » où les libéraux auraient finalement pris le pas sur les gaullistes lors de l’abandon du RPR. Mais au-delà de cette visée, la nouvelle formation table sur un possible rassemblement des républicains des deux rives. Interrogé sur la capacité d’imposition de DLR sur le plan national, Benoît Milliery, transfuge du MPF et président départemental de DLR dans la Marne évoque « ces républicains qui n’ont pas l’intention de voir partir des monceaux de souveraineté à tout va » et décrit un « positionnement qui, n’étant pas extrémiste, va attirer à lui les déçus du sarkozysme ».

La formation de N. Dupont-Aignan s’inscrit pleinement dans l’espace politique que C. Pasqua avait essayé d’occuper après Maastricht en créant le RPF et n’est pas très éloignée du projet du Pôle républicain de J.P. Chevènement en 2002. Comme elles, DLR table sur le calcul d’un foyer électoral du non à l’Europe et cherche à « recomposer les forces politiques en France » selon les termes de N. Dupont-Aignan. L’Europe constitue bien une occasion de remise en cause du clivage gauche-droite pour le parti (qui n’est pas sans lien avec l’héritage gaulliste) et permet une tentative de renégociation des rapports de force politiques. Si le député de l’Essonne appelle à « transcender les clivages » dans son discours, l’objectif est bien de recadrer le paysage politique autour d’un nouveau dualisme lui permettant dès lors de se présenter, en tant que chef de file des républicains souverainistes, comme le principal opposant au PS et à l’UMP rejetés de l’autre côté du clivage.

Ce recadrage espéré ayant pour effet d’amener DLR au centre de la vie politique. Il n’est pas étonnant dès lors de voir N. Dupont –Aignan s’appliquer dans son discours, à dénoncer le PS et l’UMP, défenseurs « de la même politique et de la même pensée unique », en les désignant comme les « coresponsables du naufrage du navire France ». Navire que N. Dupont-Aignan veut remettre à flot, en s’offrant comme nouveau maître à bord.

Emmanuelle Reungoat pour humanite.fr Chercheuse en science politique à l’Université Paris 1, et membre de la Fondation Copernic.



Nicolas Dupont-Aignan crée son parti

Ouest-France, mercredi 19 novembre 2008

Dimanche le congrès fondateur de Debout la République marquera le lancement de sa campagne pour les européennes de juin 2009.

Avec son sourire juvénile et son air sérieux raffiné, on l’imagine dans le rôle du gendre sage. Pourtant, à 46 ans, il est atypique, Nicolas Dupont-Aignan, NDA pour les initiés. Ce frapadingue a osé quitter le confort de l’UMP, en janvier 2007, pour s’opposer à Nicolas Sarkozy. Pas par lubie. Pas par colère. Pas par intérêt, tant il risque de laisser sa chemise à vouloir lancer son parti et à s’isoler sans moyens sur le banc des non-inscrits. Juste par conviction gaulliste et républicaine. Respect.

Réélu maire d’Yerres avec 79,7 % et député de l’Essonne au premier tour, avec 57,38 %, rien que ça, NDA joue des coudes entre Nicolas Sarkozy – « un Chirac en pire, un illusionniste de la rupture » - et Philippe de Villiers, « le flotteur droit de Sarkozy ». Après avoir contribué à l’échec du référendum européen et tenté une candidature à la présidentielle, il a décidé de transformer son club de réflexion, Debout la République, en parti. Ce sera dimanche, à la Mutualité, où 1 200 militants ex-RPR, des villepinistes, des chevènementistes, vont se retrouver. Bref, « des gaullistes qui ne se reconnaissent pas dans l’UMP ».

Objectif, les européennes. « Pas contre l’Europe, précise Dupont-Aignan, mais contre cette Europe-là, haïe par les catégories populaires ». Pour lui, l’euro fort, l’absence de protections douanières, etc., sont « la clé de tout ». Sans oublier la perte de compétitivité des entreprises et le rétrécissement excessif de l’Etat. Avec une UMP « qui n’a pas de pensée » et une opposition rabougrie, « ça va finir dans la rue », prédit NDA. Lui, voudrait canaliser les déçus vers les urnes. A condition de trouver un million d’euros pour faire campagne.

Michel Urvoy



Nicolas Dupont-Aignan veut créer "la surprise" aux européennes Le Monde, le 24 novembre 2008

A la sortie de la Mutualité, à Paris, où vient de se tenir, dimanche 23 novembre, le congrès de fondation de Debout la République (DLR), présidé par Nicolas Dupont-Aignan, quatre jeunes gens se revendiquant de l’Alliance pour la résistance nationale distribuent des tracts appelant les souverainistes à former des listes d’union aux élections européennes de juin 2009. Dans son discours de clôture, le député de l’Essonne, qui a quitté l’UMP en 2007, a appelé ses militants - il revendique dix mille adhérents - à se préparer à ce "premier combat électoral". "Nous serons la surprise de ce scrutin", assure-t-il.

Une alliance avec Philippe de Villiers est-elle envisageable ? "Nos chemins sont différents, juge M. Dupont-Aignan. Il faudrait qu’il clarifie sa position par rapport au pouvoir actuel. On s’est vu, il m’a dit vouloir être "l’autre liste de la majorité". Mon objectif n’est pas d’être le flotteur droit du sarkozysme." A-t-il les moyens de ses ambitions ? "Nous avons déjà bouclé trois régions, il nous en reste trois à boucler, annonce-t-il. Mais nous n’avons pas fait tout ça pour dire dans deux mois qu’on n’y va plus. C’est irréversible."

DLR fera campagne autour du thème du "protectionnisme européen". M. Dupont-Aignan dégage trois grands axes : "Supprimer la Commission européenne, sortir de l’OTAN et promouvoir une "Europe à la carte.""

Patrick Roger



DUPONT-AIGNAN prépare les européennes

Le congrès fondateur de Debout la République s’est tenu ce week-end.

Le Figaro, lundi 24 novembre 2008

EN DESACCORD avec l’UMP sur la question européenne, Nicolas Dupont-Aignan, qui a quitté le parti majoritaire en janvier 2007, affiche son indépendance. Le député de l’Essonne a franchi hier une nouvelle étape en organisant à Paris le congrès fondateur de son nouveau parti, Debout la République. Créé en 1999 comme club de réflexion du RPR, son mouvement avait rejoint l’UMP comme parti associé, avant de prendre son propre envol, fort de quelque 10 000 adhérents sur deux ans (2007-2008), selon son fondateur.

Changer d’Europe

Elu président de ce nouveau parti, qui s’est doté d’un conseil national élu de 50 membres, Dupont-Aignan fait le pari de rassembler aux élections européennes de juin 2009 une partie des 16 millions de Français qui ont voté non au référendum du 29 mai 2005 sur la Constitution européenne. S’adressant, à la Mutualité, à tous ceux qui sont « venus d’horizons divers », républicains de droite comme de gauche, le député de l’Essonne a d’emblée attaqué le gouvernement Fillon qui, selon lui, pratique « le régime du double langage » : « d’un côté, les beaux discours sur la baisse des impôts, de l’autre, la multiplication des taxes ».

Avec des accents de gauche, Dupont-Aignan a dénoncé la crise financière et économique qui, pour lui, « n’a qu’une logique : tout pour une minorité de plus en plus infime, rien ou presque pour les autres ». L’intéressé a estimé que se profile aussi « une 3ème crise, celle de l’Union européenne ». « Là aussi, crions la vérité. Assez de tartufferie ! » s’est-il exclamé, en adversaire résolu du traité de Lisbonne que, dit-il, on voudrait « nous faire avaler ».

En désaccord politique avec l’Irlandais Decan Ganley, qui a fait alliance avec Philippe de Villiers pour les élections européennes, le président de Debout la République veut constituer des listes autonomes dans six grandes circonscriptions (sauf les Dom-Tom). Renvoyant dos à dos « la gauche bobo et la droite libérale », Dupont-Aignan, qui a cité à deux reprises le général de Gaulle, s’est engagé hier à « offrir le choix d’un plan B radical, seul en mesure de changer d’Europe ». Reprenant le très gaulliste « chers compagnons », il a promis à ses troupes « un rendez-vous avec l’Histoire » qui « nous crie de ne pas avoir peur » et de « nous mettre debout ».

Sophie HUET



Dupont-Aignan se met « debout »

Le Journal du Dimanche - Le 23 novembre 2008

LA LONGUE MARCHE de Nicolas Dupont-Aignan commence aujourd’hui. Presque deux ans après avoir claqué la porte de l’UMP, le député de l’Essonne tient aujourd’hui, à la Maison de la Mutualité de Paris, le congrès fondateur de son parti Debout la République. Fondé en 1999 avec des élus RPR opposés au traité européen d’Amsterdam, son club éponyme, qui revendiquait 5.000 adhérents fin 2007, opère ainsi sa grande mue. Nicolas Dupont-Aignan, qui devrait prononcer un discours « offensif » dans lequel il exprimera ses divergences avec Nicolas Sarkozy, attend 1.000 personnes à la « Mutu ». Largement réélu (79,7%) en mars à la mairie de Yerres, il avait aussi conservé facilement (58%) dès le premier tour, en juin 2007, son siège de député de l’Essonne.

« Nicolas Sarkozy est trop frileux face à la crise financière »

Depuis, il siège à l’Assemblée aux côtés des non-inscrits. Se réclamant d’une démarche gaullienne, et surtout pas « souverainiste », Nicolas Dupont-Aignan, qui a toujours refusé de s’allier avec le MPF de Philippe de Villiers, espère être en mesure de présenter, en juin, des listes aux européennes dans les huit régions. Lui-même devrait conduire celle d’Ile de France, en tandem avec Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public. Le fondateur de Debout la République, qui a voté non au référendum de 2005 destiné à ratifier la Constitution européenne, a eu, cet été, des contacts avec le leader du « non » irlandais, Declan Ganley. Le rapprochement entre les deux hommes n’a pas eu de suite : « Nous n’avons pas la même vision de l’Europe », reconnaît Nicolas Dupont-Aignan. Lequel ne ménage pas ses critiques sur la politique européenne et internationale de Nicolas Sarkozy. Il lui reprocha également sa trop grande « prudence » face à la crise financière mondiale : « Nous n’avons encore rien vu, prédit-il. L’orchestre joue toujours mais le Titanic a déjà touché l’iceberg. Il est temps de sauter dans les canots de sauvetage. »

Virginie Legay



Dupont-Aignan lance son parti face à une UMP "fossilisée"

23/11/2008 17h50 GMT - PARTIS-DROITE-DLR-EUROPÉENNES - Nouvelles de France - AFP

PARIS, 23 novembre 2008 (AFP) - Le député (ex-UMP) Nicolas Dupont-Aignan a lancé dimanche son propre parti, Debout la République (DLR), prêt à livrer la bataille des européennes face à un parti majoritaire qu’il juge "fossilisé" et "coresponsable" avec le PS du "naufrage programmé" du pays.

Dans un discours aux forts accents antilibéraux et étatistes, l’élu de l’Essonne, 47 ans, a affirmé vouloir "se forger un passage entre les mastodontes de l’UMP et du PS", renvoyés dos à dos.

"Depuis 30 ans, ils feignent de s’opposer mais en vérité ils défendent exactement la même politique, la même pensée unique. Ils sont coresponsables du naufrage programmé de notre navire France", a-t-il lancé devant un millier de ses partisans réunis à la Mutualité à Paris.

"L’UMP, qui peut dire ce qu’elle défend aujourd’hui ? A force d’être dirigée directement par le président de la République elle s’est fossilisée. On dirait une girouette condamnée à suivre le vent qui tourbillonne à l’Elysée au gré des circonstances".

Quant au PS, "il meurt de ses rivalités internes" mais aussi de "ne pas avoir su résoudre la contradiction entre son souci de la défense du secteur public et son souci du respect des normes de l’OMC".

Au milieu des Croix de Lorraine et des drapeaux français brandis à bout de bras, une partie de la salle a sifflé le nom de Nicolas Sarkozy.

Se présentant comme un "gaulliste et un républicain" voulant "transcender le combat "gauche-droite", Nicolas Dupont-Aignan espère pouvoir présenter des listes dans toutes les circonscriptions pour les européennes de juin prochain.

Récusant le qualificatif de "souverainiste", il a exclu toute alliance avec le Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers.

Autour de lui à la tribune, certains transfuges du MPF ou des membres du MRC de Jean-Pierre Chevènement sont venus lui apporter son soutien.

"Pour moi, la seule solution, c’est une union des républicains des deux rives", a insisté Christine Tasin, militante au MRC.

Benoît Millery, ex-responsable MPF de la Marne qui avait milité au côté Philippe de Villiers dans la campagne du "non" au référendum de 2005, assure avoir rejoint M. Dupont-Aignan en raison du manque de combativité de son ex-mentor contre le traité de Lisbonne : "Il y a des silences qui font mal. Il n’a pas dit un mot sur Lisbonne, rien".

"On peut aimer l’Europe et ne pas vouloir de cette construction monstrueuse", qui ne "tient pas compte du vote des peuples", a encore lancé M. Dupont-Aignan, évoquant les "non" danois, français et irlandais aux référendums sur la constitution européenne.

"L’UE dans sa forme actuelle est morte et il faut acter sa mort. Mais j’ose aussi vous dire +vive l’Europe+, car il est possible de bâtir une solidarité européenne différente de ce qui a été fait jusqu’à présent".

Au départ un simple club fondé en 1999 avec des élus RPR opposés au traité européen d’Amsterdam, DLR table sur 10.000 adhérents à la fin 2008.

rh/so/dlm



Retrouvez le podcast de la Matinale de Canal + du 21 novembre

http://www.canalplus.fr/index.php ?pid=2207



"En finir avec la rupture"

La stratégie de Nicolas Dupont- Aignan, président de Debout la République.

Valeurs Actuelles, jeudi 20 novembre 2008

Le député de l’Essonne et président de Debout la République, dont le congrès fondateur a lieu le 23 novembre à la Mutualité à Paris, se lance dans la bataille des européennes, plus que jamais opposé à Nicolas Sarkozy.

À sept mois des élections européennes, quelle est la stratégie de votre parti, Debout la République ?

Offrir enfin une alternative aux Français, qui, depuis toujours, n’ont eu aux élections européennes qu’un choix réducteur entre les avocats d’un système supranational sclérosant, qui tue la belle idée européenne, et ce que j’appelle les “euro ronchons”, farouchement opposés à l’Europe mais incapables pour autant de proposer des solutions concrètes. Nos listes porteront le vrai plan B proposant un changement radical de l’Union européenne.

Que proposez-vous pour l’Europe ?

Mon projet tient en trois mots : démocratie, protection et indépendance. Le constat est simple. Aujourd’hui, l’Union est dirigée par des instances non élues : Commission, Banque centrale européenne, Cour de justice, qui violent les peuples, avec la complicité, en France, de l’UMP, du PS et du MoDem. Je propose une remise à plat radicale des institutions : suppression de la Commission et création d’une Europe à la carte. En outre, si l’on veut encore avoir des emplois industriels dans dix ans, il faut oser un protectionnisme minimum. Enfin, il faudra sortir de l’Otan pour bâtir un pilier européen de défense, avec ceux qui le souhaitent.

Envisagez-vous un rapprochement avec les autres “nonistes”, comme Philippe de Villiers ou Jean-Pierre Chevènement ?

Quand comprendra-t-on que la question n’est pas celle des hommes mais des idées ? C’est tout l’enjeu du congrès qui se tient dimanche, où va naître un vrai rassemblement national, républicain et social. Ce mouvement accueillera tous ceux qui approuvent un projet de refondation de l’Europe redonnant sa marge de manœuvre à la France comme aux autres nations. Nous rassemblons aussi ceux qui refusent le double langage permanent de Nicolas Sarkozy avec de grandes envolées lyriques – pour gagner les élections à Paris –,alors que, dans les faits, la France est soumise à Bruxelles. Beaucoup de Français attendent autre chose que cette fausse rupture, car il faudra bien un jour traiter à la racine les problèmes majeurs de notre pays. C’est tout l’objet, au-delà des européennes, du rassemblement que nous initions dimanche : respect du peuple et des engagements électoraux, traitement du déficit dramatique de compétitivité de nos entreprises, assainissement réel de nos dépenses publiques, renouveau de nos services publics.

Les “nonistes” n’ont-ils pas perdu du terrain face à l’impression d’efficacité, d’union face à la crise financière qui a secoué la planète ?

Sachons reconnaître le talent de prestidigitateur du président de la République, qui a fait croire à l’opinion que l’Europe avait agi. En réalité, ce ne sont pas les institutions de Bruxelles, mais les quatre principaux chefs d’État, qui se sont mobilisées. Quel dommage qu’ils ne fassent pas autant pour l’économie réelle que pour les banques. Car ne nous leurrons pas. Derrière la crise financière, il y a surtout un effondrement économique tant aux États-Unis qu’en Europe. Nous nous en sortirons seulement grâce à une stratégie économique pour nos entreprises, notre industrie, notre recherche scientifique. Et bien sûr une vraie politique de l’euro pour éviter sa surévaluation.

Comment jugez-vous la manière dont Nicolas Sarkozy a géré ce cataclysme ?

Les discours sont brillants, reconnaissons-le, mais les actes ne suivent pas. Le moment de vérité viendra et les Français se sentiront une nouvelle fois trahis. L’exemple du plan bancaire est saisissant. Bien sûr, il fallait sauver les banques mais comme Gordon Brown, en prenant une participation à leur capital et en opérant un grand ménage. Il est scandaleux de prêter 10 milliards d’euros sans imposer aucun contrôle. Nicolas Sarkozy veut moraliser le système mais le gouvernement préfère taxer l’épargne de toutes les classes moyennes de 1% – une aberration – plutôt qu’aligner le régime fiscal des stock-options sur le droit commun, ce qui aurait rapporté entre 2 et 3 milliards d’euros.

Debout la République, un parti de plus, était-ce bien nécessaire, que peut-il apporter ?

Plus que jamais notre vie politique a besoin d’oxygène. Le PS sombre, l’UMP est couchée, les Français n’arrivent plus à suivre la navigation à vue du président au gré des événements et des coups médiatiques. Il nous faut une autre vision, cohérente, réfléchie et responsable. Et surtout courageuse.

Entretien réalisé par Josée Pochat

http://www.valeursactuelles.com/public/valeurs-actuelles/html/fr/articles.php ?article_id=3628



"Debout la République" : Dupont-Aignan lance son parti dimanche 21/11/2008 09h40 GMT - DLR-PARTIS - Nouvelles de France - AFP

PARIS, 21 novembre 2008 (AFP) - Le député (ex-UMP) de l’Essonne Nicolas Dupont-Aignan lance son parti "Debout la République" (DLR), qui tiendra son congrès fondateur, dimanche, à la Maison de la Mutualité à Paris.

Le club gaulliste, fondé en 1999 avec des élus RPR opposés au traité européen d’Amsterdam, deviendra alors un "mouvement politique à part entière, engagé dans le combat politique et électoral", notamment pour les Européennes de juin 2009 et les régionales de 2010, a expliqué à l’AFP M. Dupont-Aignan.

Ce congrès fondateur marquera "la renaissance d’un vrai parti gaulliste et républicain, après la disparition d’un RPR peu à peu emporté par ses propres dérives euro-libérales", selon M. Dupont-Aignan, 47 ans, qui a rendu sa carte UMP en janvier 2007.

Maire de Yerres (Essonne), réélu dans un fauteuil avec plus de 79% des suffrages aux municipales de mars dernier, il siège comme député non inscrit, depuis sa réélection, dès le premier tour, à l’Assemblée nationale en juin 2007.

"Mon combat ne se résume pas au souverainisme", assure M. Dupont-Aignan, qui rappelle qu’il a d’ailleurs refusé une alliance avec le Mouvement pour la France, le parti souverainiste de Philippe de Villiers. DLR présentera donc des listes autonomes pour les européennes.

"J’avance méthodiquement pour construire un mouvement politique", qui compte deux députés, 500 élus dont une "bonne moitié de maires, conseillers régionaux et généraux", déclare-t-il.

Le club Debout la République revendiquait plus de 5.000 adhérents fin 2007. Le nouveau parti DLR table sur quelque 10.000 à la fin 2008.

"Nous sommes surtout présents à l’est de l’axe Le Havre-Toulouse", et DLR ne compte "pas seulement des gaullistes de toujours, mais aussi les républicains patriotes de l’autre rive", c’est-à-dire certains chevènementistes "qui nous rejoignent", assure M. Dupont-Aignan.

rhl/ms/dlm



Nicolas Dupont-Aignan s’organise avant les européennes, Les Echos, vendredi 21 novembre 2008

À la peine depuis qu’il a claqué la porte de l’UMP, en janvier 2007 (pour des « désaccords » avec Nicolas Sarkozy sur l’Europe et la politique économique), Nicolas Dupont-Aignan compte sur les élections européennes pour faire à nouveau entendre sa voix. Ce dimanche, le député sans étiquette de l’Essonne, ancien héraut du « non » au traité constitutionnel européen de mai 2005, doit donner le coup d’envoi de la campagne de son mouvement, « Debout la République », qui tient son Congrès fondateur après avoir été un courant de l’UMP.

L’occasion d’exprimer une fois encore ses différences avec le chef de l’Etat. Dès hier, sur Canal +, Nicolas Dupont-Aignan a fustigé l’absence de « cohérence entre ses discours et la pratique gouvernementale » et sa « méthode anxiogène » de gouvernement consistant à faire les réformes « par tranches de saucisson ». Il a appelé de ses voeux un plan de relance par les déficits. « Pourquoi ne pas lancer une ligne de TGV supplémentaire ? », a-t-il interrogé, faisant valoir que les déficits publics sont déjà « explosés par la récession ».