
LE PARISIEN
Dimanche 13 septembre 2009
Dupont-Aignan rejoint par des villiéristes
S’IL EN EST un auquel le ralliement de Philippe de Villiers à l’UMP semble profiter, c’est bien Nicolas Dupont-Aignan ! Le député de l’Essonne, président de Debout la République (DLR), a ouvert hier, dans un complexe hôtelier de Dourdan (Essonne), la première université d’été de son tout jeune parti. Face au « rouleau compresseur de l’Elysée », il se décrit fièrement comme le « dernier résistant ». Le ralliement de l’élu vendéen à la majorité présidentielle a selon lui « clarifié le paysage ». « Ça nous ouvre la voie, s’est-il réjoui devant quelque trois cents militants. Ici, il y a des chevènementistes, des gaullistes, des souverainistes : tous ceux qui aiment la nation sont les bienvenus chez nous ». Dans la salle, Delphine, 30 ans, participe à sa première réunion de DLR. Vendéenne, militante du Mouvement pour la France depuis une dizaine d’années, elle a quitté le parti villiériste cet été, en apprenant le ralliement à I’UMP. « Ce n’est qu’une ambition personnelle, juge-t-elle : Villiers se place, il privilégie sa carrière personnelle ». Elle ne trouve « pas très cohérent d’aller chez les personnes qu’on critique tout le temps. » Et ne croit pas un instant que le président du conseil général de Vendée gardera sa liberté de parole : « En rejoignant l’UMP, le Nouveau Centre et Boutin sont entrés dans le moule, observe-t-elle. Villiers fera pareil. »
II y a un an, Rachel Roussel, qui tenait la fédération villiériste du Var, a elle aussi quitté Villiers pour Dupont-Aignan : « Villiers nous a complètement abandonnés sur le sujet européen, il a été absent sur le traité de Lisbonne et sur le référendum en Islande. Et puis, surtout, il n’écoutait pas sa base. » Sa récente entrée dans le comité de la majorité a fini de la décourager : « Pour moi, Villiers, c’était le chevalier blanc dans son armure, dit-elle. Là, il s’est couché. » « On est les nouveaux résistants », dit-elle de DLR.
Pour Raoul Cayol, 81 ans, ex-militant MPF de Marseille, partit en 2006 à cause du « virage extrême droitier » de de Villiers, Dupont-Aignan a « ce courage extraordinaire qu’avait le général de Gaulle » pendant la Résistance. Et dit avoir trouvé à DLR « une ambiance démocratique, républicaine ». « Nicolas », comme ils l’appellent tous, leur a promis de ne pas se « renier », lui. « Ne comptez pas sur moi pour entrer en salivant dans la ménagerie du cirque Sarkozy », a-t-il lancé hier, comparant Kouchner, Villiers, Bockel, Besson, Rocard, Lang à des « vieux fauves sur leur tabouret, exécutant leur numéro sous le fouet » Les militants ont ri. Et soupiré de plaisir en apprenant que Jean-François Kahn les rejoindrait au dîner.
Nathalie SEGAUNES