Debout La République

Dark Pool : le grand retour de la pieuvre de la finance

jeudi 25 février 2010 à 14h54

Dark Pool, profits : l’horreur financière est toujours en marche

Par Laurent Pinsolle

5,8 milliards de profits malgré plus de 8 milliards de provisions ! Les résultats de BNP-Paribas contrastent avec l’état de l’économie réelle. Parallèlement, la finance trouve de nouveaux moyens de spéculer avec les dark pools, comme le rapporte Edgar, du blog La lettre volée.

Les dark pool, responsables de la prochaine crise ?

C’est la nouvelle création sortie du cerveau des financiers. Des marchés électroniques parallèles où l’on peut échanger des actions en toute discrétion. Ces marchés permettent d’acheter ou de vendre sans que cela n’influe sur le cours officiel, qui dépend du marché officiel. Selon un article des Echos cité par Edgar, 5 à 7% des échanges européens transiteraient déjà par les dark pool. Pire, The Economist révélait il y a quelques mois qu’ils concernaient plus de 20% des échanges outre-Atlantique.

L’arrivée de cette nouvelle innovation financière en Europe a une simple raison : une directive européenne de 2007 qui a cassé le monopole des Bourses au nom de la concurrence et autorisé à abandonner la traditionnelle règle de transparence. On ne voit pas bien à nouveau ce que cette innovation peut apporter de positif à la collectivité. On y voit bien l’intérêt des institutions financières, qui y gagnent un nouvel instrument de spéculation, protégé et secret, échappant à la réglementation.

En effet, un tel outil peut faciliter les délits d’initiés, qui seront plus difficiles à tracer et il permet à l’avance de se mettre à l’abri de toute tentative de taxation sur les transactions financières. En revanche, il semble évident qu’en cas de crise grave, ce marché serait le premier à s’effondrer, du fait du défaut de confiance des opérateurs. Bref, voici encore un nouvel outil qui permettra à la finance de faire davantage de profits quand la mer est calme mais qui risque de la déstabiliser en cas de gros temps…

Sortie de crise pour la banque

D’ailleurs, l’annonce d’un profit de 5,8 milliards d’euros net par BNP Paribas, malgré plus de 8 milliards de provision, montre que la sphère financière se redresse étonnamment vite de la pire crise qu’elle ait pourtant traversée depuis 80 ans. Comment ne pas rester songeur devant un tel profit pour à peine 40 milliards de produit net bancaire et de telles provisions ? Cela montre bien que les banques font des marges totalement indécentes sur les innombrables produits facturés à leurs clients.

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