Debout La République

Argumentaire sur la sortie de l’euro

vendredi 4 juin 2010 à 11h08

L’union fait la force !

En général, c’est vrai, mais là ça ne marche pas.

Tout simplement parce que la monnaie unique fait diverger les économies des pays européens au lieu de les rapprocher.

Tout le monde fait se constat aujourd’hui, y compris les partisans de l’euro. Ils font semblant de découvrir une réalité que nous dénonçons depuis 1992 !

Or, l’histoire montre qu’il n’y a pire alliance que celle regroupant des alliés qui ne se comprennent pas entre eux, qui ne tirent pas dans le même sens par ce qu’ils ne veulent pas la même chose.

L’euro nous protège !

Vu l’état de l’Europe et de l’euro, il faut être aveugle pour dire une chose pareille.

 L’euro ne nous a pas protégés de la crise américaine : elle a été plus forte en Europe qu’aux Etats-Unis et elle continue chez nous alors que la croissance repart là-bas.

 L’euro ne nous protège pas de la spéculation : c’est de la mauvaise monnaie, qui a des défauts depuis ses origines, car on applique une monnaie unique à des économies trop différentes. En plus les dirigeants européens sont trop divisés pour être efficaces face aux marchés : ils ont mis un temps fou à se mettre d’accord, d’où un coût bien plus élevé de la crise spéculative.

L’euro nous a protégés pendant dix ans de la réalité, c’est la seule protection qu’il a apportée : il a permis aux pays européens de vivre très au-dessus de leurs moyens, en s’endettant pour payer les dépenses courantes. C’est une drogue !

Sans l’euro, la situation aurait été bien pire !

Dire cela est une absurdité doublée d’une ineptie.

C’est absurde, car personne ne sait comment les économies d’Europe auraient fonctionné depuis 20 ans sans l’euro. Si ça se trouve, en continuant à vivre leur vie, elles s’en seraient bien mieux sorties, notamment l’économie française, qui a eu beaucoup de chômage et de désindustrialisation à cause de l’euro.

C’est aussi une ineptie de dire cela : la situation économique catastrophique des économies européennes a été largement causée par l’euro. La preuve, la plupart des économies européennes ont un commerce extérieur déficitaire à l’intérieur de l’Union européenne, au profit de l’Allemagne qui joue cavalier seul et engrange des montagnes d’excédent. Au lieu de se faire peur avec de la science-fiction pour ne pas avoir à regarder la réalité en face, on ferait mieux d’agir pour changer les choses.

Le plan de soutien va permettre de sauver l’euro

Pas du tout ! Le plan de sauvetage promet de prêter un argent qui n’existe pas. Si les pays donateurs mobilisaient les 750 milliards (111 pour la France) ils se retrouveraient dans la situation des pays qu’ils prétendent aider, avec une explosion des taux d’intérêt sur les marchés internationaux.

De plus, ce plan serait inutile, car on prêterait de l’argent à des pays qui ont un problème de création de richesse. On peut verser tout l’argent du monde aux Grecs pour payer leurs dépenses courantes, ça ne leur permettra pas, à cause d’une concurrence trop déséquilibrée à l’intérieur de l’eurozone, de se remettre à exporter et à attirer des touristes. Avec ce plan, on arrosera le sable pour se retrouver soi-même, à l’arrivée, sur la paille.

La sortie de l’euro est impossible et serait ruineuse !

Il est tout à fait possible de sortir de l’euro comme on y est rentré. Il faut juste attendre que la monnaie unique soit la plus basse possible face au dollar.

La sortie de l’euro serait un réel stimulant pour l’économie française : on pourrait baisser la valeur du franc, retrouver de la compétitivité interne et externe, construire à nouveau des usines en France et remettre un million de chômeurs au travail (qu’on aurait plus à payer à ne rien faire), ce qui permettrait de faire revenir la croissance et de résorber progressivement la dette.

Mais bien sûr, sortir de l’euro ne suffirait pas, ce serait aussi un préalable pour faire toutes les choses qui ne sont pas « euro-conformes » mais indispensables au redressement de la France (TVA sociale, création monétaire par la Banque de France, etc.)

L’euro est indispensable à la construction européenne

Il est tout à fait possible de construire l’Europe autrement, sur des coopérations libres et volontaires entre pays. Les plus belles réussites européennes ont été obtenues comme cela : Airbus et Ariane. Par contre, Galiléo (géré par la Commission de Bruxelles) est un fiasco financier, économique et politique (même les Chinois y participent !).

En fait, l’euro est indispensable à une certaine façon de construire l’Europe, à l’Europe fédérale, une façon qui a échoué et est rejetée par une majorité d’électeurs. Les Français n’en veulent plus (ils regrettent le franc à 69% selon un récent sondage).

Il suffit de faire un gouvernement économique européen

Non, car les Européens ne sont pas d’accord entre eux sur la manière de gérer et d’utiliser la monnaie unique. Les Allemands, qui sont décisionnaires sur l’euro parce qu’ils ont abandonné le deutschemark, monnaie européenne la plus puissante, imposent une gestion qui asphyxie la plupart des économies d’Europe.

Pour que ça marche, il faudrait que tout le monde devienne allemand, ce qui n’est ni possible ni souhaitable tout simplement parce qu’il est impossible de changer de personnalité.

Le « gouvernement économique » que Bruxelles est en train de mettre en place est d’ailleurs un « gouvernement » punitif et antiéconomique, qui va faire éternellement de la rigueur au détriment des classes moyennes et populaires.

La dévaluation, c’est l’horreur économique !

C’est n’importe quoi !

Dans l’histoire, tous les pays ont recours à la dévaluation, encore récemment la Grande-Bretagne et plus loin de nous la Suède (1992), à qui cela a réussi.

D’ailleurs, c’est aussi ce que font les Etats-Unis et la Chine en favorisant un taux de change sous-évalué du dollar et du yuan pour se créer un avantage déloyal au détriment de l’Europe (qui, elle, s’y refuse bêtement).

Bien sûr, la dévaluation n’est pas une solution-miracle, tout dépend ce que l’on en fait, quelles mesures on met parallèlement en œuvre. C’est un moyen, un préalable, pas une fin en soi. Bref, c’est la pire des solutions à l’exclusion de toutes les autres !